29.04.2012

Adieux à la reine, vive la reine

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Les Anglais ont une reine normale mais d'un modèle robuste. Elle est même devenue un monument inscrit dans les guides. La France a découpé Marie-Antoinette mais ça n'a pas résolu le problème de ses monarques narcissiques incarnant la métaphysique du pouvoir. Ca va faire tout drôle si ça change!

"Tout pour ma pomme, tant pis pour la peau des autres". La reine Marie-Antoinette manifeste 'un sens de l'Etat' sidérant (!) au moment où Louis XVI, son époux, tente encore par des concessions de sauver la monarchie.
"Les Adieux à la reine", le roman de Chantal Thomas et le film de Benoît Jacquot, relatent les trois jours où le destin de la Paris bascule à partir de la prise de la Bastille.
Récit et long métrage montrent une reine, éprise d'elle-même, au sommet de son irresponsabilité et de son narcissisme. Paris bouillonne, Versailles part à vau-l'eau. Marie-Antoinette continue à faire broder des dahlias et à commander des toilettes.

Cette quête éperdue d'elle-même dans un ancien monde dont le nouveau sape, chaque jour un peu plus, les privilèges, en  juillet 1789, va la conduire à des extrémités que l'on ne soupçonnait pas forcément. Marie-Antoinette passait pour frivole, légère,évaporée. Elle apparaît égocentrique et criminelle. Car la voici prête à faire égorger sa lectrice pour couvrir la fuite de son amante.
La reine ne pouvant ni faire mater la révolution par les armes, ni quitter la capitale pour y revenir protégée par une phalange, elle veut mettre sa favorite, très favorite, à l'abri. Et le film d'offrir une étonnante version saphique de Versailles où la reine s'affiche à la sortie du conseil des ministres  enlacée avec une ancienne gourgandine devenue Gabrielle de Polignac par mariage.
Du coup, on comprend mieux que Mélenchon continue à lui voter un billet pour la guillotine.
Ceci dit, l'atmosphère délétère de Versailles  incite à se demander se qui se passe à l'Elysée dans les jours où le candidat-président risque lui-même d'être rapidement sorti.
Brûle-t-on les papiers compromettants, les fausses factures, les vraies factures, la correspondance avec Kaddhafi? Les courtisans fuient-ils sans demander leur reste ou juste un poste au Conseil d'Etat ? Se rallient-ils ou donnent-ils des signes de ralliement au parti montant?  Volent-ils les pendules, les tableaux qui décoraient leur bureau pour décorer leur studio ?
La femme du président fait-elle préparer on départ, demandant à ses suivantes de l'aider à ranger ses bijoux et sa garde-robe? Envisage-t-elle aussi de quitter le pays? Ou de le reconquérir manu militari? Fait-elle par tout le personnel rechercher sa guitare qui a sûrement été cravatée par un jeune huissier stagiaire à titre de trophée?  Va-t-elle rechanter ?
Atmosphère de fin de règne avec les personnels faisant leurs valises et entassant leurs trouvaille dans le coffre de la voiture ? Les amis proches ont-ils déjà déserté en se pinçant le nez ? Ont-ils déjà renié trois fois celui qui les avait nourri ? Le roi-président se bat-il encore pour sauver son pouvoir? Le défendra-t-il les armes à la main plutôt que de céder le logement à son successeur. 

Transposer l'histoire n'a rien de probant, ni d'évident.
Sans compter que les reines ne se ressemblent pas forcément. Prenez Elisabeth II par exemple. 86 ans d'existence, 60 ans de règne. Elle a connu tous les présidents de la IV° et de la V° République, plus d'une douzaine de présidents américains. Elle a blanchi sous le diadème mais semble prête à en reprendre pour un siècle avec une sérénité et une réserve qui n'appartiennent qu'à elle. 

Au gouvernement britannique le boulot, l'agitation quotidienne, à la reine le rôle de symbole et la vertu de la continuité, avec mise en plis impeccable.  
A se demander pourquoi les Français n'ont pas été capables de concevoir un modèle aussi stable.
Sans doute en raison de l'absence de séparation entre le symbole et la tête de l'exécutif,  la sacralisation de la personne du roi, monarque républicain de droit divin. Le découpage de Marie-Antoinette par la machine du docteur Guillotin n'a pas résolu le problème.
La révolution s'est emparée du divin pour nimber le pouvoir d'un nouvel arbitraire, celui de Robespierre, de la terreur et de ses tribunaux d'exception.  
Les présidents français, en héritiers de Bonaparte, conservent un comportement de monarques. Ils cristallisent sur leur personne le pouvoir et la métaphysique du pouvoir. D'où les dérives du président Giscard qui se fait servir avant son hôte la reine qui est offusquée mais n'en dit rien. D'où les colères de l'un de ses successeurs  qui ramènent les ministres à leurs peurs enfantines et font les embardées de sa politique. D'où son comportement de gamin gâté, empruntant le yacht de celui-ci, "piquant" au Premier ministre sa résidence de week end - "c'est moi qui l'ai vu le premier, na!" et faisant augmenter substantiellement sa mensualité d'argent de poche.
Mitterrand lui-même apparaissait à la reine Elisabeth comme plus royal que les royaux. 
Ca va faire tout drôle si la semaine prochaine, on a un président "normal". C'est quoi, au fait, un président normal? Un Danois, un Hollandais ? 

Jean-Yves Ruaux 

26.04.2012

Pourquoi ne voteraient-elles pas, les chimères de Notre-Dame?

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Où l'on découvre que les chimères de Notre- Dame, avec leur très longue expérience de la fréquentation des Parisiens et des visiteurs, pourraient nous en apprendre beaucoup plus que les instituts de sondage pour construire l'avenir. Car les programmes des candidats-président  oublient souvent les enseignements de l'histoire au profit de la démagogie et de chimères très chimériques... auxquelles malheureusement l'électeur désespéré est prêt à adhérer.


Monter à l'étage des tours de Notre-Dame, c'est entrer dans un univers passablement étrange. Les aigles menacent et  les saints, aussi roides, émaciés, que sombres, gothiques, un peu mélancoliques par temps gris, veillent, le doigt levé prêts à bénir comme à menacer, sur ce qui se passe en bas. Mais d'une certaine hauteur. Les saints sont en effet perchés de manière vertigineuse sur des pignons, des clés de voûte, des arêtes. En dépit du vent battant qui porte les bourrasques d'avril, ils ne semblent pas s'émouvoir du chaos qui s'étale au niveau de la IMG_6212.JPGchaussée.
Un candidat aux présidentielles a tout de même trouvé quelques dizaines de milliers de farfelus pour soutenir son projet de couloir nucléaire autorisant à aller coloniser Mars.
Une écologiste aux lunettes vertes - c'est à peu près tout ce qu'elle avait d'écologique- l'urne à peine refermée, invite aussi sec ses électeurs à se reporter sur son concurrent socialiste. Sa réussite? Avoir déconsidéré son sujet car elle n'est même pas parvenue à montrer qu'il devait en fait alimenter tous les discours, les actes surtout. L'écologie, c'est l'équilibre de l'homme et de son environnement de travail, naturel, de vie...L'affaire de tous, de tous les candidats, pas d'un groupuscule.
Bref, Eva aurait dû s'expliquer et s'éclipser mais avant. Dire qu'elle racontait des chimères.
Ajoutons à la brocante électorale qui ressemble à une vente du lundi à Drouot - celle où l'on essaie de refiler des nanars qui parfois reviennent régulièrement aux enchères- un ancien sénateur socialiste devenu un paléo-révolutionnaire amnésique. Comme Proust ressuscitait les sensations joyeuses de son enfance en mâchant doucement une madeleine trempée dans le thé, il suffit à Mélenchon de s'écouter bramer en agitant son petit drapeau rouge pour faire ressurgir les fantômes de Marx, Jaurès...Daddy nostalgie oublie que la révolution se fait avec des idées novatrices pas avec des  albums-souvenirs. C'était joli Le Temps des cerises. C'était!
Mélenchon qui, sous peu, sera en panne de destin, pourrait relancer avec succès la Chance aux chansons, de feu Pascal Sevran. Il a une voix agréable s'il sait la travailler. Il possède  d'indéniables qualités d'animateur.
Mais on se demande ce qui passe dans la tête de celui/celle qui met un bulletin dans l'urne lorsque l'on constate qu'il obtient trois millions de suffrages en promenant ses mots creux, chaleureux, dangereux, sur les ailes du vent alors que Bayrou a bûché sa critique et un programme bien concret, crédible, sans réussir à réunir autant de suffrages. On se demande sérieusement s'il n'est pas trop sérieux et si le droit de vote ne devrait pas être accordé aussi aux gargouilles et aux chimères de Notre Dame.
IMG_6240.jpgPeut-être sont-elles plus sensées que les 6 ou 7 millions d'oiseaux qui avec le retour au Bleu Marine prônent le renfermement étriqué de la France sur son steak frites, ses petits-blancs-cassis, les nostalgiques du Maréchal et des chantiers de jeunesse. Les safaris anti-immigrés sont en vue. Pourtant, afin de sortir de l'ornière, le pays a besoin d'importer des talents au lieu de se complaire dans l'expression de son mal-être.
Je ne parlerai pas de Hollande. C'est un Bayrou réussi, plus souriant, plus matois, plus souple. Il fera sans doute un président social-démocrate. Il ne sera pas élu parce qu'il promeut les idées neuves, l'invention, l'inédit un peu décoiffant dont on a besoin pour sortir de la crise par le haut, mais pour sa prudence. Ceci dit, ça ne fait pas de mal. Il sera élu parce qu'il semble aussi raisonnable qu'un expert comptable bien élevé et réglo.
Un moindre mal mais ça manque un peu de créativité, de hauteur de vues (vive Notre- Dame, son vent, sa vue, n'est-ce pas? Vous êtes bien d'accord?) pour sortir les votants du marasme qui les pousse dans les bras des chimères électoralistes.
Ultime chimère : NS. Il tente aujourd'hui d'expliquer qu'il comprend le vote de protestation, qu'il est prêt à en relayer les insatisfactions, comme s'il n'avait pas gouverné le pays durant cinq ans et attisé ce fameux mécontentement par des promesses non tenues. Comme s'il pouvait se dédoubler, être comme Mélenchon et Le Pen, le candidat anti-système avec qui demain tout irait mieux. Pour qui? Pour Sarcelles ou pour Lilianne Bettencourt. Dédoublement chimérique et surréaliste. Gonflé, le président-candidat mais tant mieux pour lui si ça marche. Pour le pays? C'est une autre affaire.
D'où ma proposition de donner le droit de vote, ou le droit de parole, plutôt, aux chimères de Notre-Dame, aux saints de pierre et aux dragons. Au moins, ils s'assument en tant que tels.
IMG_6278.jpgOn devrait même leur demander conseil. Regarder en permanence Paris, sa circulation, ses petits hommes, ses autos grosses comme des jouets, circuler, s'agiter vainement, trépider, trépigner depuis quelques siècles a dû leur donner une vrai connaissance de la sociologie urbaine et de l'histoire des populations, de leurs attentes et des solutions.
Elles savent, les chimères, elles ont vu défiler les gouvernants pour les obsèques nationales des présidents. Elles ont entendu les sermons dans la cathédrale. ils savent, les saints de pierre, ce qui marche et ce qui ne fonctionne pas. Huit siècles d'observation désintéressée depuis leur perchoir, ça compte! Mélenchon, qui adore et cite Robespierre à tout-va, oublie que la Terreur a coupé bien des têtes avant d'inspirer les régimes staliniens et jusqu'aux auteurs du génocide cambodgien car ils ont puisé leur science  du soupçon et de l'arbitraire dans la Révolution française. C'est ça qu'il veut nous offrir? 
 L'examen de l'histoire des erreurs et des réussites enseigne à anticiper, à construire l'avenir. Dommage que les candidats l'ignorent ou se réfugient dans une nostalgie sans mémoire.
Donc voilà, j'arrive au fait, l'urgence est de déclencher une réunion de travail avec le service oto-rhino-laryngo de l'Hôtel-Dieu tout proche de Notre-Dame.Ainsi, les gargouilles privées de parole depuis des siècles pourraient enfin trouver un mode d'expression et nous faire part de leurs réflexions. Ca vaut le coup, non? 

- C'est complètement louf, votre truc, ahurissant, fou...

- Tout à fait. Mais je fais davantage confiance à l'histoire qu'aux instituts de sondage pour tracer les lignes de l'avenir. 

- C'est pas faux. Mais, tout de même, des chimères...

- Les programmes des candidats en sont remplis.IMG_6209.JPG

- Oui, certes. A chaque élection, c'est pareil. Mais ranimer les chimères de Notre Dame est une décision d'une autre ampleur. C'est un peu comme le génie de la lampe d'Aladin. Une fois sorti, on ne sait plus comment on va le tenir(hein?).

- Ne vous tracassez pas avec les gargouilles de Notre Dame. Si ça ne va pas, Quasimodo saura leur sonner les cloches.

Jean-Yves Ruaux


Derniers feux de l'Eglise en transe

IMG_6180.JPGMême si les trois quarts des catholiques pratiquants ont voté à droite et à l'extrême droite au premier tour des présidentielles, il reste d'irréductibles chrétiens de gauche tout au fond de la Bretagne. Quelques-uns et plutôt âgés. Une survivance plutôt qu'une menace.Mais les églises sont presque vides.

Ce soir-là était un soir de mars où l'on tournait dans la grande salle de l'abbaye. Une salle high-tech, dernier cri, pouvant, avec vidéo, sono et interactivité, accueillir tout colloque congrès ou séminaire re réflexion.
On tournait l'émission que les Deux Jean, deux animateurs chrevronnés d'Armor TV, consacraient, entre autres, au tohu-bohu, au charivari, au grand dérangement que le concile Vatican 2 et sa queue de comète, le mouvement de 1968 avaient suscité dans l'Eglise catholique française.
A l'époque, un jeune prêtre est un prêtre de 30 ans, contre le double aujourd'hui, période de pénurie et d'églises quasi-vides ou fermées. C'est justement l'âge qu'avaient alors aussi bien Jean Lebrun, agrégé d'histoire et ancien de France Culture, que Jean Kergrist, son collègue. A l'époque, Kergrist était moine dominicain avant de créer son Théâtre national portatif(l'autre TNP) et son personnage de "clown atomique".

L'abbaye, c'est l'abbaye de Saint-Jacut.
En mars, le vent de la mer apporte lui aussi ses suggestions et contribue au débat en IMG_5768.JPGsecouant les idées qui passent dans les branches des arbres reverdissant doucement au sortir de l'hiver.
Les invités de Jean Lebrun et de Jean Kergrist étaient, notamment, Bernard Besret et Elie Geffray, qui avaient trente ans eux aussi en mai 1968.
Ils étaient alors de jeunes prêtres. Le théologien Besret était l'abbé de la communauté monastique de Boquen. Elie Geffray, lui, était aumônier d'un turbulent lycée de Dinan où même la fille du proviseur contribuait en souriant aux débats. Depuis, leur vie a vogué et divergé parfois loin de Saint-Jacut. Besret avait été déposé par son ordre pour avoir suggéré une année sabbatique du clergé afin que les prêtres reconsidèrent leur engagement. Il a ensuite quitté l'Eglise, écrit des livres, embrassé des spiritualités diverses, notamment orientales, et vit en communauté au fonds de la Chine. Pionnier, il allait au devant des demandes de spiritualité et de bien-être syncrétiques des post-soixante-huitards d'aujourd'hui.
Elie Geffray est resté dans l'Eglise tout en s'engageant dans la vie publique comme le dynamique maire d'une commune rurale dont il maintient la vitalité avec l'offre de services notamment médicale.
Ce sont ces deux "dangereux gauchistes" septuagénaires auxquels les soeurs de l'abbaye donnaient asile ce soir de mars. Sans avoir perçu l'odeur de soufre qu'ils propageaient dans leur sillage.
Autrefois, à Boquen, les conférences de Besret ou de ses invités, tous des intellectuels engagés dans la réflexion et le remue-méninge des sixties, attiraient des milliers d'étudiants. Il y avait là, par exemple, le jésuite psychanalyste Michel de Certeau, son confrère Marc Oraison. Et tant d'autres qui au même moment contribuaient à la floraison brouillonne d'idées qui changeaient la manière de voir du pays.
La génération des parents avait reconstruit les villes avec le général de Gaulle. Leurs enfants avaient envie de desserrer le carcan de l'austérité afin que s'épanouissent les fleurs culturelles de la société de consommation.
Curieusement, ce fut Valéry Giscard d'Estaing qui inscrivit dans la loi certaines des requêtes de l'époque: un statut officiel de l'IVG afin d'éviter les drames produits par les faiseuses d'anges, le vote à 18 ans.
Ce fut aussi la généralisation du travail de la femme et son émancipation.
L'Eglise n'avait pas été absente du mouvement mais, déjà, la question du célibat des prêtres avait été tranchée par la négative. S'ensuivit une hémorragie. Beaucoup de jeunes curés allèrent porter dans le domaine social ou culturel, l'élan de générosité qui avait nourri leur sacerdoce.
Un soir de mars, quasiment à la date anniversaire du début des événements de mai 68 qui avaient débuté en mars, l'abbaye avait reçu quelques uns des anciens "fomenteurs de troubles" et de questionnements qui parlaient devant son public choisi de résidents.

Il n'y eut pas de grandes traces à la Une des journaux pour ces débats. On trouva quelques lignes seulement, dans la page locale entre l'inauguration d'une nouvelle maison de retraite et un débat sur l'éclairage public dans une commune voisine... IMG_5757.jpgDerniers feux de l'Eglise en transe ! Les soeurs de Saint-Jacut avaient elles aussi trente ans à l'époque et septante aujourd'hui. Ce sont des soeurs d'accueil bienveillant pour cogitations et débats religieux, philosophiques, sociologiques, littéraires... Pas des boutefeux, juste de discrètes agitatrices de bonnes questions et d'excellentes hôtelières.  Quarante ans plus tôt l'Eglise bouillonnait de questions.
Elle avait ses chrétiens de gauche qui dialoguaient avec les protestants de l'Eglise réformée. Et tous participaient à des projets de nouvelles solidarités sociales. Qu'en est-il aujourd'hui?
Le gentil tournage d'une sympathique et docte émission, revenant sur un sujet  devenu sujet d'histoire, était en soi une question posée à l'Eglise d'aujourd'hui. Cette Eglise s'est entretemps vidée du corps social qui y adhérait. Les patronages, les sociétés de gym et de musique du curé en faisaient le régulateur de la vie de bien des villes et communautés de l'après guerre par son implication dans l'animation de la place publique.
Il fallait ce type de rencontre pour le rappeler. Une ethnie a depuis disparu, ou pris sa retraite, celle des "chrétiens de gauche". Ils se sont dissous dans le PS, chez les verts et pour d'autres dans le Front de gauche, ou le Modem-Bayrou (pas celui d'Arthuis).
Il n'y a plus de prêtres ouvriers depuis que Rome, poussé par le patronat, a frileusement condamné leur présence dans le monde ouvrier.
Le dimanche 22 avril, 74 % des catholiques pratiquants ont voté à droite, voire à l'extrême droite. 74% de pas grand chose puisque les pratiquants sont moins de 10%, que les églises sont souvent béantes, closes ou refermée sur des fidélités traditionnelles plus rigides que par le passé.
Mais, cette statistique sonne un peu comme si l'Eglise était revenue au temps où le débat sur Dreyfus divisait la France, comme si l'Eglise avait effacé un siècle de valeureux effort produit pour que l'on oublie que durant les siècles de la Royauté, le goupillon  de la charité avait toujours été le meilleur allié du sabre de la coloniale.

C'était un soir à l'abbaye d'Astérix où d'irréductibles...

Jean-Yves Ruaux